Pointu à Cassis

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« C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.
Il t’avertit dès l’entrée que je ne m’y suis proposé aucune autre fin que culinaire et privée.
Je n’y ai aucune préoccupation de ton service ni de ma gloire.
Je l’ai consacré à la commodité particulière et gastronomique de mes parents et amis.
Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière culinaire de mon blog :
il n’est pas raisonnable que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain ».


samedi 28 mars 2009

Andrea Camilleri : les polars et la cuisine


Une nouvelle chronique, qui ne sera peut-être pas hebdomadaire, mais que nous essaierons de présenter deux ou trois fois par mois, va être consacrée aux recettes du commissaire Montalbano, le héros des romans policiers d’Andrea Camilleri.

Aujourd’hui, ce sera seulement une présentation de cet immense auteur italien ; son héros et sa cuisine feront l'objet de prochains articles....

Né à Porto Empedocle (province d’Agrigente, en Sicile) le 6 septembre 1925, Andrea Camilleri vit depuis des années à Rome. Metteur en scène, auteur pour le théâtre et la télévision, il a écrit de nombreux essais sur le spectacle. En tant que metteur en scène, il a travaillé aussi bien pour le théâtre, la télévision que la radio. Il adhère au Parti Communiste Italien en 1945, ce qui lui vaudra, en 1954, de ne pas être embauché à la RAI (la télévision italienne), bien qu’il ait réussi un concours d’entrée ! Il devra attendre quelques années pour pouvoir finalement y travailler.

Je trouve qu’une anecdote résume bien le personnage : il remporte, en 1949, à Florence, un prix prestigieux pour une pièce de théâtre, Giudizzi a mezzanotte (Jugements à minuit). Durant son voyage de retour en Sicile, il relit sa pièce et s'en trouve si peu satisfait qu'il la jette par la fenêtre du train. C'était le seul exemplaire !

En 1958, il est le premier à « monter », en Italie, le théâtre de l’absurde de Beckett avec « Fin de partie ».
Il a produit une adaptation célèbre en Italie des enquêtes du commissaire Maigret de Simenon.
En 1982, à cinquante-sept ans, encouragé par son ami Leonardo Sciascia, il publie son premier roman, bientôt suivi de nombreux autres. C'est sa deuxième carrière, celle du romancier, dont l'inspiration suivra une double voie. Il prend prétexte d'un fait divers réel, dans la Sicile du siècle dernier, pour bâtir un récit historico-policier, ou alors, il écrit des romans policiers, qui se passe de nos jours, avec le commissaire Montalbano comme héros et dont les enquêtes se déroulent dans la ville imaginaire de Vigàta, en Sicile. Le commissaire Montalbano tirerait son nom de l'admiration que porte Camilleri à Manuel Vazquez Montalban et son héros barcelonais, Pepe Carvalho, un autre enquêteur gastronome.

Dans ces romans, l'intrigue policière est importante, mais, tout compte fait, elle est seulement un prétexte pour camper des personnages. L'aspect et le caractère de ceux-ci est la partie du travail de création que Camilleri préfère. Les protagonistes de ses histoires sont effectivement souvent très amusants mais aussi très mélancoliques.

Camilleri fait également découvrir au lecteur les spécialités savoureuses de la cuisine sicilienne au hasard des repas du commissaire Montalbano ; que ce soit chez lui, où ils sont préparés par la fidèle Adelina, ou au restaurant, que Montalbano fréquente assidûment. Ce commissaire sarcastique est un personnage complexe sur lequel nous reviendrons dans un autre article.

Dernier aspect très important, et non des moindres, Camilleri se plaît à jouer avec la langue, mêlant l'italien et le sicilien, à la fois pour le vocabulaire et la syntaxe, n'hésitant pas à utiliser des termes inconnus de tous ceux qui ne sont pas des Siciliens de la région d'Agrigente, mais dont le sens pourra être compris aisément grâce au contexte. Cela donne une langue à consonance exotique, étrangère, même pour les Italiens, une re-création personnelle du dialecte, truffé de particularismes et qui ajoute à l'intrigue un charme particulier.
Aucun traducteur n’a su rendre réllement, en français, le charme de cette langue...C'est probablement tout simplement impossible...

Les enquêtes du commissaire Montalbano

1994 : La Forme de l'eau (La forma dell'acqua)
1996 : Chien de faïence (Il cane di terracotta)
1996 : Le Voleur de goûter (Il ladro di merendine)
1997 : La Voix du violon (La voce del violino)
1998 : Un mois avec Montalbano (Un mese con Montalbano)
1999 : La Démission de Montalbano (Gli arancini di Montalbano)
2000 : L'Excursion à Tindari (La gita a Tindari)
2001 : L'Odeur de la nuit (L'odore della notte)
2002 : La Peur de Montalbano (La paura di Montalbano)
2003 : Le Tour de la bouée (Il giro di boa)
2004 : La Première Enquête de Montalbano (La prima indagine di Montalbano)
2004 : La patience de l'araignée (La pazienza del ragno)
2005 : La Lune de papier (La luna di carta)
2006 : Un Eté ardent (La vampa d'agosto)
2006 : Les ailes du sphynx (Le ali della sfinge )
2007 : La piste de sable (La pista di sabbia )
2008 : Le champ du potier (Il campo del vasaio )
2008 : L’âge du doute (L'età del dubbio)
En 2009, un nouveau roman est annoncé mais pas encore publié : La danza del gabbiano (La danse de la mouette).

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci, Totirakapon, pour cette très belle chronique sur Camilleri.
Vivement ses recettes !
AE

Minemine et coe a dit…

Il faut souhaiter qu'un jour un traducteur arrive à traduire entre autres en français, l'oeuvre d'Andra Camilleri avec justesse.
Linda

Anonyme a dit…

Cette rubrique est une excellente idée. J'attends la suite avec impatience. Merci aussi de donner les titres des livres.
Anne