Pointu à Cassis

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Pointu à Cassis


« C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.
Il t’avertit dès l’entrée que je ne m’y suis proposé aucune autre fin que culinaire et privée.
Je n’y ai aucune préoccupation de ton service ni de ma gloire.
Je l’ai consacré à la commodité particulière et gastronomique de mes parents et amis.
Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière culinaire de mon blog :
il n’est pas raisonnable que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain ».


dimanche 19 février 2012

Ma dernière séance (10) : les années 60

1968,
une année riche en événements,
et en grands films :
en France,
"Baisers volés"
et l'assez drôle "Diable par la queue",
à l'étranger,
le très dérangeant "If..."
le pitoyable  "Bérets verts",
un des derniers films avec John Wayne,
et quelques chefs d'oeuvre
 de SF et du fantastique :
"Rosemary's baby",
"La nuit des morts-vivants"
"La planète des singes",
et le film
qui m'a fait aimer la SF :
"2001, l'Odyssée de l'espace"
de Kubrick,
dont voici la bande annonce :


Un film étrange et envoûtant,
porté par la musique de Richard Strauss...

"J’ai tenté de créer une expérience visuelle qui aille au-delà des références verbales habituelles et qui pénètre directement le subconscient de son contenu émotionnel et philosophique. J’ai eu l’intention de faire de mon film une expérience intensément subjective qui atteigne le spectateur au niveau le plus intérieur de sa conscience juste comme le fait la musique. Vous avez la liberté de spéculer à votre gré sur la signification philosophique et allégorique de ce film" dit Kubrick dans une fameuse interview accordée à Playboy en 1968. Cette phrase du réalisateur démontre bien toute la richesse que peut receler ce film mais au lieu de nous donner les réponses toutes faites, il préfère que chacun se fasse sa propre idée sur son sens philosophique ou métaphysique. Christine Tournier dans Positif n°483 a bien résumé la démarche de Kubrick en écrivant ceci : "Le réalisateur fait appel à l’intelligence des spectateurs (non l’intellectualisme). A chacun d’entendre ce qu’il peut et ce qu’il veut. Kubrick témoigne ici d’un grand respect pour ceux qui partageront ce voyage, leur permettant d’effectuer le leur dans l’univers qu’il suggère." (voir une plus longue analyse en cliquant sur : http://www.dvdclassik.com/critique/2001-l-odyssee-de-l-espace-kubrick ).

Le plus grand paradoxe de ce film pourrait provenir de la description de ses personnages principaux. Alors que tous les humains nous apparaissent complètement fades, ternes, sans passions, sans enthousiasmes ni envies autres que celles de bien réussir leur travail (les dialogues sont délibérément aseptisés, dépourvus de toute émotion et à vrai dire sans grand intérêt pour la compréhension de l'intrigue), le seul personnage qui nous semble être pourvu de sentiments est le super ordinateur Hal 9000 (HAL : trois lettres qui précèdent respectivement I. B. M.). Cette pure rationalité que représente Hal peut déboucher sur l’irrationnel : après avoir subi une défaillance au départ inimaginable, de peur de se faire déconnecter par les hommes, il décidera de tuer à son tour pour survivre et l'unique astronaute qui échappera à sa destruction devra à son tour le lobotomiser pour que puisse s'accomplir la dernière étape de cette odyssée.
Cette scène sera la plus émouvante du film, le spectateur demeurant étonné d'avoir été plus attristé par le "décès" de la machine que par ceux juste avant des humains. Ici, le progrès passe donc toujours par le meurtre : ce pessimisme de Kubrick pourrait-être tempéré par la naissance de cet enfant des étoiles qui sera sans doute à l'origine d'un nouveau pas en avant pour la progression de cette humanité, un pas en avant que l'on espère pas seulement scientifique mais aussi humaniste.
 (voir la très belle analyse du film sur le site du cinéclub de Caen :

Bon dimanche à tous !

2 commentaires:

barbajuan a dit…

De tous ceux là j'ai une grande affection pour le Diable par la queue ou, l'excellent Montand me ravi toujours dans cette scène sur Rachmaninov. "Raquemaninoffe" en Marseillais. Un rôle je pense écrit sur mesure pour lui. Un sourire, un dimanche. Bonne journée

Anne a dit…

J'avais adoré "2001, l'odyssée de l'espace". Merci de me rappeler ce film précurseur. Un peu plus tard, toujours en salle "art et essai", j'avais vu "Orange mécanique", novateur, beau, inquiétant.
Bonne semaine prochaine!
Anne