Pointu à Cassis

Pointu à Cassis
Pointu à Cassis


« C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.
Il t’avertit dès l’entrée que je ne m’y suis proposé aucune autre fin que culinaire et privée.
Je n’y ai aucune préoccupation de ton service ni de ma gloire.
Je l’ai consacré à la commodité particulière et gastronomique de mes parents et amis.
Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière culinaire de mon blog :
il n’est pas raisonnable que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain ».


samedi 30 juin 2012

Ma dernière séance (11) : les années 80

1988
nous a offert
quelques bons films
et certains qui ont été
de jolis succès :
Piège de cristal, Qui veut la peau de Roger Rabbitt, 

Pour cet avant-dernier extrait
de la décennie,
nous avons choisi
un des derniers films de Claude Sautet,
(Il y aura encore "Un coeur en hiver"
et "Nelly et M. Arnaud")
"Quelques jours avec moi",
avec Daniel Auteuil, Sandrine Bonnaire,
Dominique Lavanant
et Jean-Pierre Marielle (excellent...).




Des répliques dignes d'Henri Jeanson
pour Louis Jouvet :
"-- J'espère que nos discussions provinciales ne vous ont pas trop embêté ?
-- Ah non, pas du tout, au contraire ! Ce récital de lieux communs éculés m'a tout à fait intéressé. C'est vrai, c'est tout un art de débiter des vérités premières : la rapidité des répliques, le timbre des voix, cela devient comme une sorte de musique, rassurante, un peu comme quand on est à l'étranger et qu'on ne comprend pas la langue, on regarde les visages..."



« Un Daniel Auteuil naïf et déphasé se laisse entraîner par amour dans une folle spirale. Sautet passe insensiblement du rire au malaise profond.
Martial Pasquier, l’héritier d’une chaîne de supermarchés en tournée d’inspection, s’éprend de Francine, la bonne d’un directeur d’une succursale de Limoges. "Boy meets girl et lutte des classes", pourrait être l’un des résumés lapidaires de la situation que présente ce film.
Déployant une vision du monde assez vieillotte, il dégage en même temps une inquiétante étrangeté, qui a tôt fait de métamorphoser cette apparente chronique ordinaire de la vie provinciale en objet hautement insolite, constituant sans doute ce que Claude Sautet a tourné de plus barré. Claude Chabrol est coiffé au poteau avec cette vision absolument dissonante d’un panier de crabes provincial, auquel des acteurs comme Jean-Pierre Marielle et Dominique Lavanant apportent une dimension souterrainement loufoque. Plus que le constat "sociétal", le véritable cœur névralgique du film (et du scénario, adapté du livre de Jean-François Josselin) est ce personnage incarné par un Daniel Auteuil (Pasquier) encore plus naïf et déphasé qu’il peut l’être d’habitude, se laissant entraîner dans une folle spirale en raison d’un amour aussi soudain que déraisonnable. Ne serait-ce que pour la prestation de l’acteur (et de Sandrine Bonnaire, alias Francine), pour les volte-face et la totale irrationalité du héros, ce film vaut le détour. A quoi il faudrait ajouter la manière globale dont Sautet passe insensiblement du rire au malaise profond. Du grand art, qu’on vous dit… » (Les Inrocks)

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