Pointu à Cassis

Pointu à Cassis
Pointu à Cassis


« C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.
Il t’avertit dès l’entrée que je ne m’y suis proposé aucune autre fin que culinaire et privée.
Je n’y ai aucune préoccupation de ton service ni de ma gloire.
Je l’ai consacré à la commodité particulière et gastronomique de mes parents et amis.
Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière culinaire de mon blog :
il n’est pas raisonnable que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain ».


vendredi 10 octobre 2014

Patrick Modiano, Prix Nobel de Littérature


Lisez, relisez, rerelisez
tous ses livres...

Un excellent article
de Jérôme Leroy.





 "Les jours d'été reviendront encore mais la chaleur ne sera plus jamais aussi lourde ni les rues aussi vides qu'à Milan, ce mardi-là."  Début de "Voyage de Noces".



"Autour de moi, des femmes et des hommes, aux raideurs de momie, prenaient le thé, silencieux, leurs regards fixés vers la Promenade des Anglais. Eux aussi, peut-être, épiaient parmi cette foule en procession des silhouettes de leur passé."


"J'avais sorti de ma poche, machinalement, les photos de nous que je voulais montrer à Freddie, et parmi celles-ci, la photo de Gay Orlow, petite fille. Je n'avais pas remarqué jusque-là qu'elle pleurait. On le devinait à un froncement de ses sourcils. Un instant, mes pensées m'ont emporté loin de ce lagon, à l'autre bout du monde, dans une station balnéaire de la Russie du Sud où la photo avait été prise, il y a longtemps. Une petite fille rentre de la plage, au crépuscule, avec sa mère. Elle pleure pour rien, parce qu'elle aurait voulu continuer de jouer. Elle s'éloigne. Elle a déjà tourné le coin de la rue, et nos vies ne sont-elles pas aussi rapides à se dissiper dans le soir que ce chagrin d'enfant ?"



"Les chambres des palaces font illusion, les premiers jours, mais bientôt, leurs murs et leurs meubles mornes dégagent la même tristesse que ceux des hôtels borgnes. Luxe insipide, odeur douceâtre dans les couloirs, que je ne parviens pas à identifier, mais qui doit être l’odeur même de l’inquiétude, de l’instabilité, de l’exil et du toc."

"Ce qui nous rend la disparition d’un être plus sensible, ce sont les mots de passe qui existaient entre lui et nous et qui soudain deviennent inutiles et vides."

Et n'oublions pas l'étonnant
"Etonnez-moi, Benoît"...

6 commentaires:

latelierdangelo a dit…

Le titre du Figaro Patrick Modiano, le Nobel lui tombe sur la tête!
"C'est bizarre", a-t-il dit, très ému.
Comme toi Ange a été très heureux de cette consécration pour son chouchou de la littérature, mais très gêné une nouvelle fois de l'entendre "Heu...Oui...C'est-à-dire que...Mais... C'est un peu... Heu..."
On le sait, ces phrases jamais terminées font tout le charme de Modiano. Modeste et simple comme toujours.
Toutes nos amitiés à vous deux
Danielle

Les Idées Heureuses a dit…

Un grand plaisir de voir cet auteur, si discret avec cette maladresse verbale si touchante, recevoir un titre aussi prestigieux. A lire et à relire, avec des éclairages différents, traversons traversent le temps en sa bonne compagnie.
Douceur du WE
Mamina de Sclos

Pétales de fée a dit…

Heureuse de partager ce goût pour Modiano ! C'est vrai qu'il y a un décalage palpable entre cette récompense brillante, extérieure et l'infinie délicatesse de cet homme !
Bon week-end Jean, bisous à Norma et caresses aux chats.

Coudre au jour le jour a dit…

Quand j'ai entendu la nouvelle au Téléjournal, j'ai pensé sans méchanceté : comme ça va l'embêter d'aller chercher son prix. Après je me suis dit, c'est un cadeau du ciel à tous les gens qui ne le connaissent pas encore, ils vont peut-être avoir le goût de le découvrir.
Quand on a lu Modiano, on ne peut plus oublier ses mots, ils nous suivent pour toujours. Merci pour les citations.

Linda

Marie-Paule a dit…

Un auteur que je connais très mal. Mais que je me réjouis de mieux découvrir grâce au coup de projecteur du Nobel!Et grâce à ton billet!
Bonne semaine à vous deux.

Amartia a dit…

Merci de ce conseil, je me rappelle avoir lu "Rue des boutiques obscures" avec un certain plaisir, mais c'est un auteur que j'ai oublié de suivre. Apparemment j'ai eu tort ! Je vais corriger cela dès que possible.