Personnnellement,
je suis loin d'être un fan des romans
de Donna Leon.
Je serai assez d'accord avec
les jugements de
Hugin et Munin (clic clic)
"Les enquêtes du commissaire Brunetti s'articulent ainsi :
- le personnage central est un bon père de famille. Il rentre manger chez lui tous les midis pour retrouver sa femme (prof de littérature américaine) et ses deux enfants. Ne comptez pas sur un quelconque rebondissement domestique : le maximum d'intensité dramatique familiale auquel vous aurez droit dans cette série est quand sa fillette s'écrase le gros orteil sur le pied de la table. Son chef est bien évidemment un authentique connard : raciste, bête et arriviste. Brunetti est lui sympathique, ouvert d'esprit, intelligent et désintéressé. Sa personnalité est aussi lisse qu'une toile cirée recouverte de vaseline.
- Venise est à l'honneur. Le commissaire Brunetti passe tellement de temps à marcher dans ses rues ou à voguer sur un vaporetto que l'auteur s'amuse à nommer par le menu détail chaque rue qu'emprunte son personnage. Ne vous attendez pas à une description architecturale évocatrice, à un tableau social réaliste ou une plongée dans les strates de la population locale : c'est un Venise de carton-pâte. Le Palais des Doges, l'opéra, la place St-Marc... ce n'est pas un décor urbain, c'est une carte postale. Bien évidemment, Donna Leon a vécu non loin de Venise quand elle travaillait à la base militaire américaine du coin, donc elle connaît les us et coutumes des italiens et se permet quelques piques cyniques sur les vénitiens. Donc ses personnages sont beaux parleurs, un peu fourbes, mentent aux impôts... Rien de tel qu'un point de vue américain pour vous donner le goût d'un pays.
- les enquêtes... Ce n'est pas compliqué : les notables sont tous plus ou moins pourris et les seconds couteaux ont de grandes chances d'être siciliens. Vous n'entendrez jamais parlé de l'appareil judiciaire, c'est à croire que les commissaires italiens n'ont aucune loi à respecter. Le nec plus ultra, c'est quand la secrétaire du commissariat claque des doigts et obtient les relevés de comptes des suspects ou la liste de leurs appels téléphoniques. Le mieux que l'on puisse dire, c'est que les enquêtes sont simplistes."
Michel del Castillo parle, lui, de
"Madone des Bobos" : (clic clac)
Une autre Fred Vargas, en somme...
"Pourquoi parler de Donna Leon, auteur honorable, artisan habile et consciencieux ? Elle symbolise la dégénérescence de la littérature, sa lente glissade, son américanisation. Elle fait des produits mécaniques, reproductibles, à la fois différents et identiques, tels que les ateliers d'écriture enseignent à les faire. Parce qu'on les lit avec plaisir, on en vient à oublier ce qui fait l'essence de la littérature, cette chose qui ne s'apprend pas: le mystère de l'homme, son opacité, sa nuit profonde, cette obscurité où grouillent les monstres."
J'ai donc acheté ce "Brunetti passe à table"
sans grande conviction.
Et effectivement,
c'est une compilation
assez décevante
de recettes italiennes,
avec l'ajout
de quelques recettes vénitiennes typiques,
de quelques recettes vénitiennes typiques,
(on trouve même la recette des crêpes!),
d'extraits où Brunetti mange,
et quelques textes inédits,
sans aucun intérêt,
de Donna Leon.
Donc, un achat à éviter...