Pointu à Cassis

Pointu à Cassis
Pointu à Cassis (photo Toti)


« C'est ici un blog de bonne foi, lecteur.
Il t’avertit dès l’entrée que je ne m’y suis proposé aucune autre fin que culinaire et privée.
Je n’y ai aucune préoccupation de ton service ni de ma gloire.
Je l’ai consacré à la commodité particulière et gastronomique de mes parents et amis.
Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière culinaire de mon blog :
il n’est pas raisonnable que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain ».


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samedi 28 juin 2014

La saga d'Honor Harrington de David Weber - Science Fiction -



Pour notre amie Linda,
avec qui nous en avons longuement parlé
hier soir !

Voilà de la lecture pour cet été,
pour sortir un peu
des autobiographies racoleuses, des autofictions nombrilistes, 
des récits de deuil,
cancer, fins de vie, maniaco-dépression,
et famille mal-aimante de jeune homme frustré
et/ou de femme abandonnée...

Les aventures de la femme officier de la Marine Stellaire Manticorienne forment une immense saga qui compte 12 tomes à ce jour (sans compter les romans dérivés) ! L'histoire est bien menée, sans temps morts, agréable, et pas exclusivement orientée vers l'action, même si l'on se bat à grands coups de torpilles spatiales et de sauts dans l'hyper-espace !

Probablement la meilleure série de SF militaire* de tous les temps. 
* Il s’agit d’un sous-genre du space-opera dont les aspects militaires sont particulièrement marqués.

L'auteur s'est inspiré des aventures du Capitaine Horatio Hornblower, héros de la marine anglaise, de C.S Forester, pour les transposer dans un univers, ("l'honorverse", pour les intimes - clic clic) particulièrement bien décrit et crédible en matière scientifique et politique : une monarchie constitutionnelle sur le modèle britannique.


Dans le Tome 1, "Mission Basilic", la jeune Honor Harrington vient d'être promue commandant de l'Intrépide, (le "Fearless", voir en tête de l'article) un destroyer de la Marine Stellaire du royaume de Manticore. Hélas, alors que les perspectives les plus brillantes s'offrent à elle, ses manœuvres spatiales audacieuses lui mettent à dos un amiral. La récente promotion de Honor prend des airs de mise au placard quand la jeune femme et son équipage se retrouvent affectés à la surveillance du système de Basilic, un nœud de transit important, mais dénué de tout intérêt stratégique. Du moins en apparence, car lorsque la République de Havre décide d'envahir Manticore en passant par Basilic, Honor Harrington, sans appui tactique ni logistique, est la seule à pouvoir s'y opposer...

Une des particularités de la série est de rendre crédible "l'honorverse" et de décrire les différentes espèces animales qui y vivent, et notamment le chat sylvestre ("treecat" en anglais) une des idées les plus originales  et sympathiques de la SF contemporaine. 


Le chat sylvestre est une espèce particulièrement évoluée de chat, originaire de la planète Sphinx. Il peut communiquer avec ses semblables, mais très peu d'humains s'en sont aperçus et ont préféré le cacher.  Il possède six pattes, est télépathe, empathe et a les yeux vert d'herbe. Il adore le céleri et il se tient en principe sur l'épaule de son humain.

Les chats sylvestres ont eu une "révélation" quand ils ont été en contact avec les Humains, qu'ils ont appelés longtemps "les "bipèdes". Un lien indéfectible, et qui s'impose à eux, se crée avec certains humains. Alors, ils "adoptent" un homme ou une femme, lors d'une rencontre, d'un contact mental, qui a tout du "coup de foudre" amoureux. Ils communiqueront dorénavant leurs sentiments à leur humain, mais pourront également les informer sur l'état d'esprit des personnes les entourant. Il devient alors très difficile d'être hypocrite, menteur ou tout simplement de camoufler certains sentiments à un humain adopté par un chat sylvestre. Sept des neuf derniers souverains de Manticore ont été adoptés, Élisabeth III étant la septième. Il est donc très délicat, voire dangereux, d'être un "courtisan flatteur" à la Cour de Manticore.   
Les chats sylvestres vivent environ 200 à 250 ans, et ne survivent que très rarement à la mort de leur humain, préférant se suicider, plutôt que survivre à cette perte...

Le neuvième amendement de la Constitution du Royaume stellaire leur accorde expressément un statut particulier en tant qu'espèce intelligente indigène de Sphinx. Des lois leur assurent un droit collectif et perpétuel à un peu plus d'un tiers de la surface de Sphinx. "L'Office des forêts de Sphinx" protège et fait appliquer les lois qui concernent les chats sylvestres.
Les liens d'adoption bénéficient du même statut légal que le mariage.(d'après Wikipedia)

Quelques chats sylvestres parmi les plus connus :
Nimitz qui a adopté Honor Harrington
Samantha qui avait adopté le capitaine de corvette Harold Tchou ("Mascarade silésienne") et qui adoptera ensuite Hamish Alexander
Ariel qui a adopté la Reine Élisabeth III
Jason, Cassandre, Achille, Andromède, chatons de Nimitz et Samantha.

David Weber est revenu récemment sur certains points de l'histoire de "l'honorverse" et notamment avec "Autour d'Honor" et "Les mondes d'Honor".
"Autour d’Honor" comprend trois nouvelles (celle de Weber lui-même nous relate la première rencontre intime entre une humaine, Stéphanie Harrington, et un chat sylvestre de Sphinx). Cette ancêtre d’Honor Harrington sera la première personne adoptée.
On trouve aussi un guide historique, précieux pour mieux comprendre la Diaspora de l’humanité dans les étoiles ayant abouti à l’univers d’Honor Harrington. 
Dans "Les Mondes d'Honor", les deux nouvelles, "Le chat perdu" et "Le prix des rêves" développent et expliquent les relations étroites et indéfectibles qui unissent un humain et un chat sylvestre.


Bonne lecture !

dimanche 19 février 2012

Ma dernière séance (10) : les années 60

1968,
une année riche en événements,
et en grands films :
en France,
"Baisers volés"
et l'assez drôle "Diable par la queue",
à l'étranger,
le très dérangeant "If..."
le pitoyable  "Bérets verts",
un des derniers films avec John Wayne,
et quelques chefs d'oeuvre
 de SF et du fantastique :
"Rosemary's baby",
"La nuit des morts-vivants"
"La planète des singes",
et le film
qui m'a fait aimer la SF :
"2001, l'Odyssée de l'espace"
de Kubrick,
dont voici la bande annonce :


Un film étrange et envoûtant,
porté par la musique de Richard Strauss...

"J’ai tenté de créer une expérience visuelle qui aille au-delà des références verbales habituelles et qui pénètre directement le subconscient de son contenu émotionnel et philosophique. J’ai eu l’intention de faire de mon film une expérience intensément subjective qui atteigne le spectateur au niveau le plus intérieur de sa conscience juste comme le fait la musique. Vous avez la liberté de spéculer à votre gré sur la signification philosophique et allégorique de ce film" dit Kubrick dans une fameuse interview accordée à Playboy en 1968. Cette phrase du réalisateur démontre bien toute la richesse que peut receler ce film mais au lieu de nous donner les réponses toutes faites, il préfère que chacun se fasse sa propre idée sur son sens philosophique ou métaphysique. Christine Tournier dans Positif n°483 a bien résumé la démarche de Kubrick en écrivant ceci : "Le réalisateur fait appel à l’intelligence des spectateurs (non l’intellectualisme). A chacun d’entendre ce qu’il peut et ce qu’il veut. Kubrick témoigne ici d’un grand respect pour ceux qui partageront ce voyage, leur permettant d’effectuer le leur dans l’univers qu’il suggère." (voir une plus longue analyse en cliquant sur : http://www.dvdclassik.com/critique/2001-l-odyssee-de-l-espace-kubrick ).

Le plus grand paradoxe de ce film pourrait provenir de la description de ses personnages principaux. Alors que tous les humains nous apparaissent complètement fades, ternes, sans passions, sans enthousiasmes ni envies autres que celles de bien réussir leur travail (les dialogues sont délibérément aseptisés, dépourvus de toute émotion et à vrai dire sans grand intérêt pour la compréhension de l'intrigue), le seul personnage qui nous semble être pourvu de sentiments est le super ordinateur Hal 9000 (HAL : trois lettres qui précèdent respectivement I. B. M.). Cette pure rationalité que représente Hal peut déboucher sur l’irrationnel : après avoir subi une défaillance au départ inimaginable, de peur de se faire déconnecter par les hommes, il décidera de tuer à son tour pour survivre et l'unique astronaute qui échappera à sa destruction devra à son tour le lobotomiser pour que puisse s'accomplir la dernière étape de cette odyssée.
Cette scène sera la plus émouvante du film, le spectateur demeurant étonné d'avoir été plus attristé par le "décès" de la machine que par ceux juste avant des humains. Ici, le progrès passe donc toujours par le meurtre : ce pessimisme de Kubrick pourrait-être tempéré par la naissance de cet enfant des étoiles qui sera sans doute à l'origine d'un nouveau pas en avant pour la progression de cette humanité, un pas en avant que l'on espère pas seulement scientifique mais aussi humaniste.
 (voir la très belle analyse du film sur le site du cinéclub de Caen :

Bon dimanche à tous !